Efficacité routière et transformation économique territoriale dans un espace enclavé : mobilité, agriculture et recomposition productive dans la province du Kwango (RDC), 1990–2023
Mots-clés :
Efficacité routière ; transformation économique territoriale ; accessibilité ; agriculture ; KwangoRésumé
Cet article analyse la manière dont l’extension du réseau routier, son efficacité technique relative et l’évolution de la mobilité et de la production agricole se combinent dans la transformation économique territoriale de la province du Kwango, en République démocratique du Congo, entre 1990 et 2023. La littérature sur les routes rurales documente largement les effets de l’accessibilité sur les marchés, l’agriculture et l’allocation du travail, tandis que les travaux d’efficacité par frontière évaluent la performance relative des infrastructures. Le rapprochement de ces deux perspectives demeure toutefois peu développé pour apprécier conjointement expansion du réseau, efficacité productive et recomposition territoriale dans un espace enclavé. La question posée est donc la suivante : comment l’extension du réseau routier, l’évolution de son efficacité technique corrigée et les changements de mobilité et de production agricole se combinent-ils dans la transformation économique territoriale du Kwango ? Le matériau initial comprend 136 observations trimestrielles couvrant 1990T1-2023T4. Afin d’éviter une pseudo-précision liée à la reconstruction temporelle de certaines séries, l’analyse territoriale principale est conduite sur 34 observations annuelles, de 1990 à 2023. L’efficacité est mesurée par un DEA Window VRS orienté input à six fenêtres, puis corrigée par bootstrap. L’étude mobilise également des indicateurs d’intensité par kilomètre, des tests de Kruskal-Wallis avec tailles d’effet, des comparaisons de Mann-Whitney corrigées par Holm, le taux de Kendall et les pentes robustes de Theil-Sen avec intervalles de confiance à 95 %. Les résultats mettent en évidence un découplage marqué : entre les deux extrémités de la période, le linéaire routier passe de 2 316 à 8 282 km, soit une hausse de 257,6 %, tandis que le score VRS corrigé recule d’environ 54,6 %. L’intensité du trafic par kilomètre diminue d’environ 50,3 %, la production de rente chute de 89,7 % et sa part dans la production agricole observée recule d’environ 79,9 %. La production vivrière suit une trajectoire plus résistante, ce qui révèle une recomposition productive asymétrique. Ces résultats ne sont pas interprétés causalement, puisque le score DEA est construit à partir du réseau, du trafic et des productions étudiées. L’article met ainsi en évidence une transformation territoriale partielle dans laquelle l’accumulation d’infrastructures ne garantit pas, à elle seule, leur mobilisation productive. Il en découle une implication de gestion : la planification routière doit compléter le kilométrage construit par des critères d’efficacité, d’intensité d’usage, de connectivité productive, de praticabilité et de maintenance.
Classification JEL : R42 ; R58 ; O18 ; Q12.
Type du papier : Recherche empirique quantitative.
Téléchargements
Publiée
Comment citer
Numéro
Rubrique
Licence
© Jean Pierre PASI ZAPAMBA BUKA 2026

Ce travail est disponible sous licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Les doit d'auteurs sont détenus par les auteurs sous licence: CC-BY-NC-ND.
Tout travail soumis qui est suspecté de piratage ou de plagiat est entièrement sous la responsabilité de l'auteur qui le soumet.


















