Informalité et fiscalité au Maroc : enjeux pour la mobilisation des recettes

Auteurs

  • Amal HADDOUCHI Faculté des sciences Juridiques, Economiques et Sociales de salé, Université Mohammed V de Rabat, Maroc
  • Mohamed BOUZAHZAH Faculté des sciences Juridiques, Economiques et Sociales de salé, Université Mohammed V de Rabat, Maroc
  • Nora ANGOUR Faculté des sciences Juridiques, Economiques et Sociales de salé, Université Mohammed V de Rabat, Maroc

Mots-clés :

Economie informelle, fiscalité, modèle MIMIC, mobilisation des recettes, potentiel fiscal

Résumé

L’économie informelle constitue un enjeu majeur pour les économies en développement en raison de ses implications économiques, sociales et fiscales. Bien que plusieurs travaux aient estimé sa taille au Maroc, les estimations disponibles reposent principalement sur des périodes antérieures à la crise sanitaire et ne permettent pas d’apprécier le potentiel de mobilisation fiscale associé à sa formalisation.

Cet article vise à répondre à la question suivante : dans quelle mesure la formalisation progressive d’une partie de l’économie informelle au Maroc pourrait-elle contribuer à l’élargissement de l’assiette fiscale et à l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques ? Pour y répondre, l’étude estime la taille de l’économie informelle au Maroc à travers un modèle MIMIC (Multiple Indicators Multiple Causes) sur la période 1996-2024, puis évalue le potentiel de mobilisation fiscale associé à sa formalisation progressive à travers une approche par scénarios.

Les résultats montrent une diminution de la taille estimée de l’économie informelle avant la crise sanitaire, passant de 39,9 % du PIB en 1996 à 32,61 % en 2019, avant une remontée atteignant 35,98 % en 2024. L’analyse des déterminants met en évidence l’effet positif de la pression fiscale et du chômage sur l’informalité, tandis que l’efficacité gouvernementale et l’ouverture économique contribuent à sa réduction.

L’évaluation fiscale repose sur trois scénarios correspondant à des hypothèses d’intégration de 10%, 15% et 20% de l’économie informelle dans l’assiette fiscale. Les résultats indiquent un potentiel théorique de mobilisation compris entre 0,61 et 0,84 point de PIB dans le scénario prudent, 0,91 et 1,26 point de PIB dans le scénario central, et 1,21 et 1,69 point de PIB dans le scénario haut sur la période 2002-2024. Ces estimations ne constituent pas des recettes immédiatement recouvrables, mais un potentiel associé à une formalisation progressive.

JEL Classification : E26, H20, H26

Type du papier : Recherche empirique

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Publiée

2026-09-15

Comment citer

HADDOUCHI, A., BOUZAHZAH, M., & ANGOUR, N. (2026). Informalité et fiscalité au Maroc : enjeux pour la mobilisation des recettes. International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 7(11), 379–394. Consulté à l’adresse https://ijafame.org/index.php/ijafame/article/view/2642

Numéro

Rubrique

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