Institutions de microfinance et dynamique d’accumulation du capital productif en Côte d’Ivoire

Auteurs

  • Kramoko CISSE Sciences Economiques et Développement, Université Alassane Ouattara, Côte d’Ivoire

Mots-clés :

Microfinance ; Capital productif ; ARDL ; Côte d’Ivoire

Résumé

Cet article analyse le rôle de la microfinance dans l’accumulation du capital productif en Côte d’Ivoire. L’accumulation du capital est appréhendée à travers la formation brute de capital fixe (Fbcf), exprimée en pourcentage du Pib et utilisée comme indicateur de l’investissement en actifs productifs. Alors que la littérature s’est principalement intéressée aux effets microéconomiques de la microfinance, les études portant sur son impact macroéconomique sur l’investissement demeurent limitées, particulièrement dans le contexte ivoirien. Cette recherche vise ainsi à combler cette lacune. L’analyse repose sur des données annuelles couvrant la période 1994-2024, issues des monographies des Systèmes Financiers Décentralisés de la BCEAO et de la base World Development Indicators de la Banque mondiale. Un modèle ARDL est estimé en vue d’examiner les relations de court et de long terme entre la Fbcf et ses déterminants. Les variables explicatives retenues sont le crédit de microfinance, l’épargne intérieure brute et le taux d’inflation. Les résultats montrent qu’à long terme, une augmentation d’un point de pourcentage du crédit de microfinance accroît la Fbcf d’environ 0,14 point de pourcentage, tandis qu’une hausse de 1 % de l’épargne intérieure augmente l’investissement productif de 0,39 %. À court terme, le crédit de microfinance conserve un effet positif sur la Fbcf. Le coefficient du terme de correction d’erreur (-0,53) indique qu’environ 53 % des déséquilibres sont corrigés à chaque période, traduisant une convergence relativement rapide vers l’équilibre de long terme. En revanche, l’inflation exerce un effet négatif significatif sur l’investissement productif.

Ces résultats confirment que la microfinance constitue un canal complémentaire de financement de l’investissement, notamment pour les populations exclues du système bancaire formel. Ils soulignent également le rôle central de l’épargne intérieure et l’importance de la stabilité macroéconomique. L’étude plaide ainsi en faveur de politiques favorisant l’inclusion financière, la mobilisation de l’épargne domestique et la maîtrise de l’inflation afin de soutenir l’investissement et la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

Classification JEL : G21 ; O16 ; C32 ; O55.
Type de papier : Recherche empirique.

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Publiée

2026-06-10

Comment citer

CISSE, K. (2026). Institutions de microfinance et dynamique d’accumulation du capital productif en Côte d’Ivoire . International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 7(6), 713–736. Consulté à l’adresse https://ijafame.org/index.php/ijafame/article/view/2454

Numéro

Rubrique

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