Le rôle des coopératives féminines dans le développement durable des régions du sud du Maroc
Mots-clés :
coopératives féminines ; développement durable ; autonomisation des femmes ; empowerment ; économie sociale et solidaire ; genre ; provinces du Sud ; MarocRésumé
Cet article examine le rôle des coopératives féminines dans le développement durable des régions du sud du Maroc, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab, en interrogeant leurs impacts économiques, sociaux et environnementaux. La littérature existante sur les coopératives féminines marocaines reste fragmentée, majoritairement descriptive, et articule rarement, dans une même grille analytique, les trois piliers du développement durable au cadre conceptuel de l'empowerment de Kabeer (2005). Le présent travail entend combler cette lacune en proposant une analyse intégrée et comparative des trois régions méridionales, à partir d'un cadre conceptuel articulant économie sociale et solidaire (Defourny & Nyssens, 2017), empowerment féminin (Kabeer, 2005) et triple bottom line du développement durable.
Sur le plan méthodologique, l'étude mobilise une approche qualitative exploratoire à caractère interprétativiste, fondée sur une analyse documentaire systématique (rapports institutionnels du HCP, de l'ODCO, du CESE et du ministère de l’Agriculture entre 2020 et 2024 ; corpus académique 2015-2025) et sur deux études de cas approfondies (coopératives de couscous de Dakhla et OUM DREYGA). Une grille d'analyse thématique a été construite autour des trois dimensions du développement durable, avec triangulation inter-sources pour assurer la validité interne.
Les résultats mettent en évidence qu'en 2024, la région de Laâyoune-Sakia El Hamra compte plus de 2 100 coopératives actives, dont 41 % à dominante féminine ; les coopératives féminines des provinces du Sud ont généré, selon l'ODCO (2023), plus de 12 000 emplois directs et un revenu moyen annuel par adhérente de 18 600 dirhams, soit une progression de 34 % entre 2018 et 2023. Toutefois, le manque à gagner économique lié à la sous-représentation des femmes rurales sur le marché du travail demeure estimé à 25,3 milliards de dirhams, soit 2,2 % du PIB national (HCP, 2020). Les contributions et limites de l'étude sont discutées en conclusion.
Classification JEL : J16 ; J54 ; O18 ; Q01 ; P13.
Type du papier : Recherche empirique exploratoire fondée sur étude de cas multiples.
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© Aziza LAGHZAL, Aicha MRHARI 2026

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