Agencification : vers une nouvelle performance publique ?

Auteurs

  • Zineb EL ALAOUI Faculté des sciences Juridiques, Economiques et Sociales de salé, Université Mohammed V de Rabat, Maroc
  • Khalid SOBHI Faculté des sciences Juridiques, Economiques et Sociales de salé, Université Mohammed V de Rabat, Maroc

Résumé

Au Maroc, le secteur des Entreprises et Établissements Publics (EEP) occupe une place centrale dans la mise en œuvre des politiques publiques et dans le processus de développement socio-économique. Par leur poids économique, leur rôle dans l’investissement public et leur contribution à la fourniture de services essentiels, les EEP constituent un levier stratégique de planification, d’exécution et de transformation structurelle de l’économie nationale. Toutefois, malgré leur importance, les diagnostics réalisés par les différentes instances de contrôle ont mis en évidence des dysfonctionnements persistants, des fragilités de gouvernance et des performances contrastées, ravivant le débat sur la pertinence du recours massif à l’agencification comme mode d’organisation de l’action publique.

Cet article s’inscrit dans ce cadre et vise à analyser l’agencification du secteur public marocain à travers le prisme de la théorie de l’agence et des principes du New Public Management (NPM), en s’interrogeant sur ses effets réels en matière de performance publique. Il cherche à apprécier dans quelle mesure l’autonomie accordée aux EEP, combinée aux mécanismes de gouvernance et de contrôle mis en place par l’État, contribue à l’amélioration de l’efficacité, de l’efficience et la pertinence des politiques publiques.

La recherche adopte une approche qualitative fondée sur une étude de cas du secteur des EEP au Maroc. Elle mobilise des données secondaires issues des rapports budgétaires, des documents de la Cour des Comptes, des publications institutionnelles ainsi que des statistiques couvrant la période 2011-2024. L’analyse porte notamment sur l’évolution du portefeuille des EEP, la dynamique de la filialisation, les performances financières, le niveau d’investissement et les réalisations techniques.

Les résultats mettent en évidence une contribution significative des EEP à l’investissement public et au développement des infrastructures, mais également une prolifération du portefeuille public, une dépendance financière accrue vis-à-vis de l’État et des taux d’exécution des investissements irréguliers. Ces constats soulignent les limites d’une agencification insuffisamment maîtrisée et la nécessité de renforcer le pilotage stratégique, la coordination des tutelles et la culture de la performance. L’article conclut sur les enjeux de la réforme engagée par la loi-cadre n° 50-21 et sur les conditions nécessaires pour faire de l’agencification un véritable levier d’amélioration durable de la performance publique.

JEL Classification : H11, H83, L32.

Type du papier : Recherche empirique

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Publiée

2026-02-19

Comment citer

EL ALAOUI, Z., & SOBHI, K. (2026). Agencification : vers une nouvelle performance publique ? . International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 7(3), 41–63. Consulté à l’adresse https://ijafame.org/index.php/ijafame/article/view/2298

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