Vers une nouvelle ère de gestion hydrique au Maroc : Analyse théorique et perspectives des ressources en eau non conventionnelles

Auteurs

  • Ahmed AMGHAR Faculté des sciences juridiques économiques et sociale d’Agadir, Université Ibn Zohr d'Agadir, Maroc
  • Abdelkarim HSSOUNE Faculté des sciences juridiques économiques et sociale d’Agadir, Université Ibn Zohr d'Agadir, Maroc

Mots-clés :

ressources en eau non conventionnelles, stress hydrique, politique publique, dessalement de l'eau de mer, réutilisation des eaux usées

Résumé

Le Maroc subit une forte pression sur ses ressources hydriques accentuée par le changement climatique et la croissance des besoins en eau. Les approches traditionnelles centrées sur la gestion de l’eau montrent leurs limites face à ce stress hydrique structurel. Dans ce contexte, l’intégration des ressources en eau non conventionnelles (dessalement de l’eau de mer et réutilisation des eaux usées traitées) apparaît comme une stratégie incontournable pour développer l’offre en eau du pays. Cet article mobilise le cadre théorique de la soutenabilité faible, selon lequel les avancées technologiques peuvent compenser la rareté des ressources naturelles. À travers une double démarche, une revue d’expériences internationales et une analyse des politiques marocaines, l’étude explore comment le progrès technique appliqué aux ressources non conventionnelles peut contribuer à sécuriser l’approvisionnement en eau. Les résultats montrent que, malgré des avancées notables, la généralisation de ces solutions demeure freinée par des obstacles institutionnels et financiers.

Cet article analyse la politique marocaine en matière d’eau non conventionnelle à travers une double démarche : (i) une revue de diverses expériences internationales réussies des mobilisations des ressources non conventionnelles (notamment au Moyen-Orient, en Europe et en Asie) ; (ii) un examen de l’évolution des politiques et projets mis en œuvre au Maroc dans le domaine du dessalement et de la réutilisation des eaux usées. 

Les résultats montrent que les solutions techniques basées sur les ressources non conventionnelles peuvent compléter efficacement les ressources traditionnelles et réduire le déficit hydrique. A l’international, des pays arides comme l’Arabie Saoudite ou des régions côtières comme l’Espagne ont considérablement augmenté leur offre en eau grâce au dessalement, tandis que d’autres, tels que Singapour ou la Californie, ont développé des programmes avancés de réutilisation des eaux usées. Le Maroc, de son côté, a amorcé une « nouvelle ère » de gestion de l’offre en lançant d’importants projets de dessalement (par exemple, l’usine d’Agadir-Chtouka) et en mettant en place des stations de traitement tertiaire pour la réutilisation des eaux usées (notamment à Agadir, Marrakech, Oujda, etc.). Cependant, l’adoption de ces ressources reste en deçà des ambitions nationales : par exemple, en 2017, seulement 9% des eaux usées urbaines traitées étaient effectivement réutilisées, loin de l’objectif de 300 millions de m3/an fixé pour 2030. Cela s’explique par des freins à la fois financiers (investissements élevés nécessitant des partenariats public-privé) et institutionnels.

En conclusion, le recours aux ressources en eau non conventionnelles constitue un pilier essentiel pour assurer la sécurité hydrique du Maroc. Néanmoins, son succès dépendra d’un cadre institutionnel adapté, d’un financement soutenu et de l’adhésion des usagers à l’utilisation de ces ressources alternatives.   

Classification JEL : Q25, Q28, O13

Type de l’article : article théorique

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Publiée

2025-04-26

Comment citer

AMGHAR, A., & HSSOUNE, A. (2025). Vers une nouvelle ère de gestion hydrique au Maroc : Analyse théorique et perspectives des ressources en eau non conventionnelles. International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 6(4), 577–597. Consulté à l’adresse https://ijafame.org/index.php/ijafame/article/view/1860

Numéro

Rubrique

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